Postface (P. Daniel Ange)

Non et non, l’histoire n’est pas un éternel recommencement. Elle ne tourne pas en rond avec des cycles sans fin. Elle est trajectoire avec point-lancement top chrono, et bloc d’arrivée aussi précis et prévu, quoique par Dieu seul. Son point Alpha est scientifiquement confirmé par le fabuleuse découverte, par sonde spatiale Hubble de la lumière fossile, antérieure à la constitution des galaxies. Son point Oméga systématiquement occulté, relégué parmi les mythes périmés. Du coup l’histoire perd son sens : sa direction, son orientation, sa signification. Comme il en est pour chacune de nos existences, quand l’ultime Rencontre est volontairement évacuée de nos perspectives.

Cette Parousie si clairement révélée par Dieu Lui-même en sa chair humaine, faisant piaffer d’impatience nos aînés de première génération : disparu de l’horizon. Angle mort de notre théologie catholique occidentale (nos frères orthodoxes et évangéliques, eux, y sont plus sensibles). L’eschatologie y est court-circuitée par la sociologie ou prostituée dans le messianisme du New-Age, succédant à celui du communisme.

Résultat : le futur, trou béant. Ne reste que le néant.

Inconscience coupable et même criminelle, car elle inocule le virus du désespoir absolu, le venin du nihilisme glacial : si ma vie ne va nulle part, autant me flinguer ! Si la route de l’histoire débouche sur un cul-de-sac, ou se fracasse contre un mur bétonné, autant la liquider. Notre société occidentale en devient suicidaire.

Remettre l’histoire ainsi désintégrée sur l’axe même de son cap final : urgence absolue ! Déboucher l’avenir, ouvrir le futur, dégager l’horizon : priorité des priorités !

Pour stopper la tendance suicidaire des nations et des personnes, neutraliser les dangereux virus de mort : susciter les vigoureux anti-corps. Orienter et l’histoire, et la société, et l’Eglise, et ma vie personnelle vers Celui dont la venue est certitude absolue car Il ne peut mentir.

Se laisser stimuler, tonifier, booster par l’élan, le souffle, l’enthousiasme de ceux qui courent, à en perdre haleine, à la rencontre de Celui qui vient, qui est déjà là, aux portes. Car imminente son Arrivée !

Cet ouvrage, étonnamment documenté, le fait à merveille. Que l’auteure en soit bénie ! Il arrive juste à point, presque trop tard, à la veille d’événements que l’on pressent dramatiques à vue humaine.

Ne sommes-nous pas déjà entrés dans les temps de la fin, et pas seulement d’une fin de civilisation ? Non, de la Fin finale précédant le Monde tout neuf.

Irréfutables, les preuves. En Occident, n’est-ce pas le temps de l’apostasie silencieuse de l’homme qui « se croit comblé sans Dieu », selon le diagnostic quasi médical de Saint Jean-Paul II. Le Fils de l’Homme y trouvera-t-Il encore la foi, et là où elle agonise, et là où Charité se refroidit ?

Résultat : Dieu au cimetière, c’est l’homme en enfer (Auschwitz, Hiroshima) ; Dieu exclu, c’est l’homme perdu. La transcendance éliminée, c’est l’enfance assassinée.

Autre preuve : l’Ennemi se déchaîne avec une rage d’une violence inouïe contre non plus des valeurs ou vertus, mais contre la vie elle-même, en sa source, c’est-à-dire contre l’amour en sa racine même. Car l’amour saccagé, c’est la vie ravagée. L’amour prostitué, c’est la vie tuée. Tant il est vrai qu’en débranchant la vie et du cœur et du corps, une mortelle connexion se crée : éros et thanatos !

Le simple bon sens humain est liquidé. On ne sait même plus ce qu’est un homme, une femme, un enfant

Nous voilà donc projeté en plein duel implacable entre l’homicide-le-tueur et le Prince de La Vie. Non plus dans une « troisième guerre par morceaux » mais dans l’unique guerre finale, celle des berceaux, la guerre prototype : elle est la première des tortures, des exclusions, des meurtres, des violences. En faire la promotion, c’est justifier toutes les autres formes de guerre, c’est rendre utopique, irréalisable, impensable un monde de paix de justice et de beauté.

« Le combat entre le règne de l’esprit malin et le Royaume de Dieu est entré dans une nouvelle phase, sa phase finale. Il continue à notre époque et même il se développe en même temps que l’histoire de l’humanité, dans les peuples et les nations » (S. Jean-Paul II, Aux universitaires de Turin, 1981)

Et déjà Vatican II : « Un dur combat contre les puissances des ténèbres passe à travers l’histoire des hommes. Commencé dès les origines, il durera jusqu’à son dernier jour. Engagé dans cette bataille l’homme doit sans cesse combattre pour s’attacher au bien » (Gaudium et spes, 37,2)

L’unique solution finale : non pas l’euthanasie mais la Parousie. La victoire définitive de la Lumière, de l’Amour, de la Vie, de la Vérité, donc de la Beauté. Il ne suffit plus de désirer cette Heure, ce Jour, mais d’en hâter la venue. De la faire advenir le plus rapidement possible. Illico presto, pour ne pas dire subito ! On n’en peut plus de tant de souffrances, d’atrocités, d’aberrations, d’abominations, d’horreurs et de malheurs. On en est saturés, écrasés, annihilés.

Notre Jean-Paul II, cette « étincelle qui préparera le monde à mon retour » comme Jésus le disait à Ste Faustina, a l’audace folle de s’écrier : « Puisse le Seigneur hâter le temps et raccourcir l’espace !» (Orientale lumen)

Le clamer à chaque Credo, le supplier après chaque consécration ne suffit plus !

Chaque Office liturgique, chaque célébration Eucharistique – sainte messe ou adoration – devrait s’achever avec un vibrant, lancinant, ardent MARANA-THA, Viens-Notre-Seigneur !, qui soit en même temps la réponse : MARAN-ATHA, Notre-Seigneur vient ! Supplication et affirmation, invocation et attestation tout à la fois, inséparablement.

Que l’ultime cri de toute la Révélation, le point final de toute La Parole, soit le cri le plus violent de ma poitrine, rythmé par chaque battement de mon cœur ! Que cette aspiration colle à ma respiration ! Que toute l’Eglise en vibre, en tressaille, en sursaute joie : toute proche sa glorification ! Que tout le cosmos-premier concerné en trépigne d’impatience : toute proche, sa délivrance !

Oh oui, « il est proche, mon Retour !».

Daniel-Ange,

ce 11 Juillet 2O16, fête de Saint Benoît, 

Protecteur de l’Europe

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